{"id":41,"date":"2020-07-28T11:49:48","date_gmt":"2020-07-28T09:49:48","guid":{"rendered":"http:\/\/www.per-turbas.fr\/?page_id=41"},"modified":"2021-07-09T12:04:48","modified_gmt":"2021-07-09T10:04:48","slug":"hermeneutique","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/www.per-turbas.fr\/index.php\/hermeneutique\/","title":{"rendered":"hermeneuia"},"content":{"rendered":"\n<h5 class=\"has-text-align-center wp-block-heading\"><span class=\"has-inline-color has-bright-red-color\">L\u2019interpr\u00e9tation <em>en proc\u00e8s<\/em>&nbsp;:<br>de l\u2019ex\u00e9g\u00e8se des textes au diagnostic de l\u2019\u00e9poque<\/span><\/h5>\n\n\n\n<p>Le projet, dans son unit\u00e9 et son sens, consiste \u00e0 intenter le proc\u00e8s de l\u2019interpr\u00e9tation en r\u00e9fl\u00e9chissant le processus interpr\u00e9tatif. Partant de l\u2019id\u00e9e que la nature est un texte \u00e0 d\u00e9chiffrer \u2013&nbsp;c\u2019est vrai pour Galil\u00e9e comme pour Kant qui y lit le processus de d\u00e9veloppement de l\u2019histoire de l\u2019humanit\u00e9&nbsp;\u2013, il s\u2019agit d\u2019entreprendre la critique des fondements m\u00e9thodologiques de l\u2019interpr\u00e9tation en critiquant tout particuli\u00e8rement l\u2019extrapolation du mod\u00e8le herm\u00e9neutique dans le domaine de l\u2019histoire politique, et ce dans le souci de d\u00e9gager une discipline de l\u2019interpr\u00e9tation.<\/p>\n\n\n\n<p>La recherche entreprise sur la question de l\u2019ex\u00e9g\u00e8se textuelle s\u2019est av\u00e9r\u00e9e \u00eatre une prop\u00e9deutique m\u00e9thodologique \u00e0 l\u2019engagement d\u2019une recherche portant sur l\u2019interpr\u00e9tation (politique) de l\u2019\u00e9poque ou encore, pour reprendre l\u2019expression de Habermas, sur le diagnostic de l\u2019\u00e9poque (<em>Zeitdiagnose<\/em>). Dans la lign\u00e9e de la mise en \u0153uvre par Dilthey du projet d\u2019une critique de la raison historique \u00e0 l\u2019\u0153uvre dans les sciences humaines de la soci\u00e9t\u00e9 et de l\u2019histoire, il est apparu essentiel de clarifier au pr\u00e9alable la m\u00e9thodologie au fondement de l\u2019interpr\u00e9tation des textes, lesquels peuvent faire office, \u00e0 un autre niveau, d\u2019archives historiques ou de documents sociologiques. Suspendant mes propres int\u00e9r\u00eats \u00e0 d\u00e9chiffrer l\u2019\u00e9poque, j\u2019ai entrepris de convoquer l\u2019ex\u00e9g\u00e8se des textes comme t\u00e9moin. Cat\u00e9gorie fondamentale de l\u2019\u00eatre humain au monde, l\u2019interpr\u00e9tation est ainsi questionn\u00e9e dans une triple perspective, qui structure le plan de cette page : <\/p>\n\n\n<ol>\n<li style=\"list-style-type: none;\">\n<ol>\n<li style=\"list-style-type: none;\">\n<ol>\n<li style=\"list-style-type: none;\">\n<ol>\n<li style=\"text-align: left;\"><span class=\"has-inline-color has-bright-blue-color\" style=\"color: #0000ff;\" data-rich-text-format-boundary=\"true\">l&#8217;interpr\u00e9tation du sens des textes (<a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.per-turbas.fr\/index.php\/hermeneutique\/2\/\">p. 2<\/a>)<\/span><\/li>\n<li style=\"text-align: left;\"><span class=\"has-inline-color has-bright-blue-color\" style=\"color: #0000ff;\">l&#8217;interpr\u00e9tation de la signification des choses (<a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.per-turbas.fr\/index.php\/hermeneutique\/3\/\/\">p. 3<\/a>)<\/span><\/li>\n<li style=\"text-align: left;\"><span class=\"has-inline-color has-bright-blue-color\" style=\"color: #0000ff;\">le diagnostic de l&#8217;\u00e9poque (<a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.per-turbas.fr\/index.php\/hermeneutique\/4\/\">p. 4<\/a>).<\/span><\/li>\n<\/ol>\n<\/li>\n<\/ol>\n<\/li>\n<\/ol>\n<\/li>\n<\/ol>\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<!--nextpage-->\n\n\n\n<h6 class=\"has-text-align-center wp-block-heading\"><span class=\"has-inline-color has-bright-red-color\">herm\u00e9neutique textuelle<\/span><\/h6>\n\n\n\n<p>Dans un premier temps prop\u00e9deutique, le ph\u00e9nom\u00e8ne de l\u2019interpr\u00e9tation est interrog\u00e9 \u00e0 partir de l\u2019analyse du proc\u00e8s d\u2019interpr\u00e9tation des textes. \u00c0 travers cette r\u00e9flexion critique sur la discipline universitaire de l\u2019histoire de la philosophie, qui repose sur l\u2019interpr\u00e9tation de textes, il ne s\u2019agissait aucunement d\u2019innover en mati\u00e8re d\u2019ex\u00e9g\u00e8se, mais de faire la th\u00e9orie du processus interpr\u00e9tatif. <\/p>\n\n\n\n<p>Il y aurait deux apories \u00e0 \u00e9viter&nbsp;: l\u2019interpr\u00e9tation perspectiviste d\u2019apr\u00e8s laquelle le sens du texte se trouve hors de ce texte, dans les choses ou dans un autre texte&nbsp;; l\u2019ex\u00e9g\u00e8se objectiviste qui pr\u00e9juge l\u2019existence d\u2019un syst\u00e8me absolument coh\u00e9rent qu\u2019il s\u2019agirait de restituer. Dans le premier livre de mon diptyque sur Heidegger, j\u2019ai d\u00e9crit cette situation critique de la pratique de l\u2019histoire de la philosophie, prise entre Gadamer et Gu\u00e9roult (<em>cf<\/em>. 3.1.&nbsp;Le probl\u00e8me de l\u2019histoire de la philosophie, p.62-77). <\/p>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-preformatted\">Christian Ferri\u00e9, <em><a href=\"http:\/\/www.editionskime.fr\/publications\/pourquoi-lire-derrida\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Heidegger et le probl\u00e8me de l\u2019interpr\u00e9tation<\/a><\/em> (Kim\u00e9,1999). \nApr\u00e8s avoir propos\u00e9 un diagnostic d\u2019\u00e9poque qui justifie l\u2019abord de la question de l\u2019interpr\u00e9tation \u00e0 partir de Heidegger, le probl\u00e8me de l\u2019interpr\u00e9tation circulaire des philosophes par Heidegger est d\u00e9gag\u00e9 \u00e0 partir, notamment, d\u2019une mise en parall\u00e8le de la <em>Wiederholung<\/em> heideggerienne et de l\u2019<em>Aufhebung<\/em> h\u00e9g\u00e9lienne.<\/pre>\n\n\n\n<p>En postulant l\u2019objectivisme du sens, le mod\u00e8le gu\u00e9roultien de l\u2019explication des textes philosophiques en occulte les tensions, voire les contradictions, comme si un syst\u00e8me pouvait \u00eatre clos, achev\u00e9 en sa perfection, et \u00e9chapper de la sorte \u00e0 l\u2019histoire de la philosophie. Bien loin d\u2019\u00eatre un syst\u00e8me, la pens\u00e9e philosophique se donne \u00e0 travers des textes de statuts et de niveaux diff\u00e9rents. Un texte est un <em>complexe<\/em> de sens dont l\u2019orientation se tisse avec le processus d\u2019\u00e9criture. \u00c0 certains endroits, il y a des accrocs qu\u2019il appartient \u00e0 l\u2019interpr\u00e8te de relever&nbsp;: le mod\u00e8le id\u00e9al du syst\u00e8me achev\u00e9 est le simple r\u00e9v\u00e9lateur de ces accrocs. Soumis \u00e0 une lecture interne, les textes r\u00e9v\u00e9leront leurs d\u00e9ficits et leurs apories : d\u00e9finitions insuffisantes, p\u00e9titions de principe, \u00e9quivocit\u00e9s, etc. Car un texte ne peut ni se soustraire \u00e0 l\u2019\u00e9preuve de la coh\u00e9rence logique, ni y satisfaire totalement. Pour comprendre le sens d\u2019un texte, ouvert au dialogue, il faut se laisser d\u00e9concerter par les probl\u00e8mes qu\u2019il pose&nbsp;: il s\u2019agit tout autant des difficult\u00e9s \u00e0 en identifier le sens (c\u2019est le niveau de l\u2019interpr\u00e9tation du texte) que des probl\u00e8mes de fond qu\u2019il traite (c\u2019est le plan de l\u2019interpr\u00e9tation de chose ou de ph\u00e9nom\u00e8ne). Le refus de l\u2019objectivisme du sens doit-il conduire \u00e0 une prolif\u00e9ration des interpr\u00e9tations&nbsp;? Nietzsche le croyait au point d&#8217;affirmer qu\u2019il n\u2019existe pas de faits, mais seulement des interpr\u00e9tations. Dans l\u2019optique perspectiviste, le texte n\u2019est plus qu\u2019un pr\u00e9texte&nbsp;: orient\u00e9e au pr\u00e9alable par une d\u00e9cision, l\u2019interpr\u00e9tation est une surinterpr\u00e9tation qui surimpose sa propre v\u00e9rit\u00e9 au texte. Seule une m\u00e9thode critique d\u2019analyse interne des textes permet d\u2019\u00e9chapper \u00e0 la fois \u00e0 leur syst\u00e9matisation dogmatique et au mauvais infini du fourmillement des gloses. C\u2019est la condition pour engager un v\u00e9ritable dialogue qui investira les d\u00e9fauts, voire les b\u00e9ances de la syst\u00e9matisation, sans c\u00e9der \u00e0 l\u2019extr\u00eame inverse du perspectivisme. <\/p>\n\n\n\n<p>Entreprenant de d\u00e9construire la th\u00e9orie du cercle herm\u00e9neutique construite par Heidegger et reprise par Gadamer dans <em>V\u00e9rit\u00e9 et m\u00e9thode<\/em> (\u00e0 partir d\u2019une lecture probl\u00e9matique de Schleiermacher et de Dilthey), il s\u2019agissait de soutenir, avec Descartes, que la v\u00e9rit\u00e9 ne peut se manifester sans une discipline m\u00e9thodique. Ce qui revient \u00e0 soutenir la possibilit\u00e9 d\u2019une <em>juste<\/em> interpr\u00e9tation des textes, et ce non seulement contre l\u2019emprise des d\u00e9terminations herm\u00e9neutiques (Heidegger, Gadamer), mais encore contre l\u2019hypoth\u00e8se post-moderne d\u2019une alt\u00e9ration incompressible du sens \u00e0 m\u00eame l\u2019entre-glose infinie des interpr\u00e9tations (Derrida). C\u2019est ce qui a donn\u00e9 lieu \u00e0 la publication d\u2019un livre sur Derrida (1998) et de deux livres sur l\u2019herm\u00e9neutique de Heidegger (1999, 2000).<\/p>\n\n\n\n<p>Cette juste interpr\u00e9tation reposerait sur une identification critique du sens, il est vrai toujours probl\u00e9matique, qui respecterait des r\u00e8gles parfaitement identifiables&nbsp;: l\u2019une d\u2019entre elles est celle, essentielle, de la distinction des niveaux textuels de l\u2019argumentation, que Victor Goldschmidt a mise en \u0153uvre sur les <em>Dialogues de Platon<\/em> (1947). Contre la destruction d\u00e9cisionniste du contexte premier qu\u2019est le texte, il s\u2019agissait de d\u00e9gager cette d\u00e9monstration herm\u00e9neutique, qu\u2019est l\u2019identification ex\u00e9g\u00e9tique du sens (<em>Sinn<\/em>), d\u2019une autre discipline: l\u2019<em>interpr\u00e9tation de la signification<\/em>, laquelle appr\u00e9cie l\u2019importance (<em>Bedeutung<\/em>) du texte dans le contexte d\u2019un domaine d\u2019objets en jeu dans le texte (comme, par exemple, l\u2019histoire de la philosophie). Le souci de d\u00e9crire la pratique habituelle d\u2019interpr\u00e9tation des textes, comme pr\u00e9texte \u00e0 la projection circulaire d\u2019une autre vision des choses sur l\u2019interpr\u00e9tation des ph\u00e9nom\u00e8nes propos\u00e9e par le texte, se conjoint au souci normatif de lui opposer la pratique d\u2019une ex\u00e9g\u00e8se acribique des textes, laquelle sert de norme pour juger la validit\u00e9 d\u2019une interpr\u00e9tation. Plut\u00f4t que de m\u2019engager dans une d\u00e9monstration uniquement th\u00e9orique, j\u2019ai jug\u00e9 plus probant de montrer la possibilit\u00e9 d\u2019une telle lecture \u00e0 partir d\u2019\u00e9chantillons. <\/p>\n\n\n\n<p>Le diagnostic critique de la circularit\u00e9 herm\u00e9neutique a \u00e9t\u00e9 \u00e9labor\u00e9 et attest\u00e9 en pratique par la d\u00e9construction de la distorsion interpr\u00e9tative que Heidegger impose \u00e0 la <em>Critique de la raison pure<\/em> sur le fondement des pr\u00e9misses d\u2019<em>\u00catre et temps<\/em>. La strat\u00e9gie argumentative repose sur plusieurs \u00e9l\u00e9ments : une explication en bonne et due forme de la &#8220;D\u00e9duction transcendantale des cat\u00e9gories&#8221; dans sa premi\u00e8re version (1781)&nbsp;; une analyse du \u00a7 32 de <em>Sein und Zeit<\/em> (1927), qui expose la conception heideggerienne de l\u2019interpr\u00e9tation comme explicitation (<em>Auslegung<\/em>)&nbsp;; une analyse critique du livre sur Kant de Heidegger&nbsp;: <em>Kant et le probl\u00e8me de la m\u00e9taphysique<\/em> (1929). Le livre dans lequel j\u2019ai publi\u00e9 ces analyses conforte la d\u00e9monstration, en reconstituant la gen\u00e8se de l\u2019interpr\u00e9tation heideggerienne de Kant entre 1925 et 1929 <em>(<\/em>GA 21, <em>\u00catre et Temps<\/em>, GA&nbsp;24, GA 25, GA 26, GA 27, Conf\u00e9rence de Davos) dans la troisi\u00e8me annexe (<em>cf.<\/em> p. 406-408). <\/p>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-preformatted\">Christian Ferri\u00e9, <em><a href=\"http:\/\/www.editionskime.fr\/publications\/heidegger-et-le-probleme-de-kant-livre-ii\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Heidegger et le probl\u00e8me de Kant<\/a><\/em> (Kim\u00e9, 2000). \nL\u2019herm\u00e9neutique de Heidegger est \u00e9tudi\u00e9e <em>en acte<\/em> \u00e0 travers l\u2019interpr\u00e9tation de Kant. Il y est montr\u00e9 comment la th\u00e9orie du cercle herm\u00e9neutique se aboutit en pratique \u00e0 justifier la logique circulaire d\u2019une interpr\u00e9tation de Kant programm\u00e9e au pr\u00e9alable.<\/pre>\n\n\n\n<p>Cet exemple \u00e0 valeur paradigmatique prend la signification d\u2019un signe du temps qu\u2019il s\u2019agit de d\u00e9crypter conjointement \u00e0 d\u2019autres exemples, comme l\u2019interpr\u00e9tation de Marx que Jacques Derrida propose dans <em>Spectres de Marx <\/em>(1993): c\u2019est le sens de mon essai sur Derrida. <\/p>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-preformatted\">Christian Ferri\u00e9, <em><a href=\"http:\/\/www.editionskime.fr\/publications\/pourquoi-lire-derrida\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\"><em>Pourquoi <\/em>lire <em>Derrida&nbsp;?<\/em><\/a><\/em> (Kim\u00e9,1998). \nEssai sur l\u2019herm\u00e9neutique de Derrida qui, au travers d\u2019une lecture de <em>Spectres de Marx<\/em> et de <em>Limited Inc.<\/em>, y d\u00e9c\u00e8le l\u2019esquisse d\u2019une pens\u00e9e de l\u2019alt\u00e9rit\u00e9, pourtant esquiv\u00e9e par Derrida du fait de l\u2019h\u00e9ritage fatal de Heidegger.<\/pre>\n\n\n\n<p>L\u2019interpr\u00e9tation critique de Heidegger et de Derrida s\u2019efforce de suivre une discipline d\u2019ex\u00e9g\u00e8se rigoureuse des textes afin d\u2019\u00e9viter d\u2019\u00e9chouer elle-m\u00eame sur l\u2019\u00e9cueil de la distorsion interpr\u00e9tative du <em>sens <\/em>de ces textes dont il s\u2019agit d\u2019appr\u00e9cier la <em>signification<\/em>. Tout le probl\u00e8me de l\u2019interpr\u00e8te, c\u2019est de ne pas pr\u00e9supposer sa propre interpr\u00e9tation de chose, mais de la suspendre progressivement pour parvenir \u00e0 entendre l\u2019<em>autre <\/em>interpr\u00e9tation de chose. La discipline de l\u2019interpr\u00e9tation doit discerner analytiquement ce qui est habituellement confondu&nbsp;: l\u2019<em>identification du sens<\/em> et l\u2019<em>interpr\u00e9tation de la signification<\/em>. <\/p>\n\n\n\n<p>Car la lecture d\u2019un texte appelle \u00e0 l\u2019interpr\u00e9tation <em>de signification<\/em> simultan\u00e9ment 1.&nbsp;du texte comme ph\u00e9nom\u00e8ne, c\u2019est-\u00e0-dire de son importance (dans l\u2019histoire des id\u00e9es, de la litt\u00e9rature, de la philosophie, etc.), et 2.&nbsp;des choses ph\u00e9nom\u00e9nales vis\u00e9es par le texte. Comprendre un texte, c\u2019est \u00e0 la fois, c\u2019est-\u00e0-dire dans le m\u00eame mouvement, en reconstruire la logique interne et en saisir l\u2019interpr\u00e9tation de chose en relation avec l\u2019exp\u00e9rience propre que l\u2019interpr\u00e8te a des choses. Une faille de raisonnement indique, du coup, une autre possibilit\u00e9 d\u2019interpr\u00e9ter la chose en question qui, en contre-coup, n\u2019est plus tout \u00e0 fait la m\u00eame. Car changer un dispositif discursif, c\u2019est transformer son interpr\u00e9tation de chose. La vision de la chose s\u2019en trouve elle-m\u00eame transform\u00e9e&nbsp;: vue d\u2019un autre point de vue, la chose appara\u00eet selon des contours qui peuvent la red\u00e9finir de fond en comble. Car le sens de l\u2019alt\u00e9rit\u00e9 interpr\u00e9t\u00e9e passe par l\u2019\u00e9preuve critique du sens des choses dites et \u00e9crites.<\/p>\n\n\n\n<p>Contre la confusion entre sens et signification, il faut avancer que, r\u00e9gul\u00e9e, l\u2019identification du sens (textuel)<em> aboutit<\/em> \u00e0 l\u2019interpr\u00e9tation de signification. Ce qui revient \u00e0 dire que l\u2019interpr\u00e9tation de la signification d\u2019un texte ne rel\u00e8ve justement pas de la m\u00eame discipline herm\u00e9neutique que l\u2019interpr\u00e9tation de son sens. La raison en est qu\u2019il s\u2019agit d\u00e9sormais non plus d\u2019expliciter (<em>auslegen<\/em>) le sens (<em>Sinn<\/em>), mais d\u2019interpr\u00e9ter (<em>deuten<\/em>) sa signification ou importance (<em>Bedeutung<\/em>), et ce dans un <em>contexte<\/em> plus large que celui du texte \u00e0 strictement parler. <\/p>\n\n\n\n<p>Ce contexte peut \u00eatre, tout d\u2019abord, celui de l\u2019\u0153uvre de l\u2019auteur du texte&nbsp;: on s\u2019interroge alors sur le devenir d\u2019une pens\u00e9e en gestation (pour Kant, on appr\u00e9cie la signification des textes pr\u00e9critiques, on \u00e9value celle de la <em>Critique de la facult\u00e9 de juger<\/em>, etc.). Ce contexte peut, ensuite, \u00eatre celui de la vie de l\u2019auteur&nbsp;: on s\u2019interroge alors sur la relation entre vie et \u0153uvre, c\u2019est-\u00e0-dire entre <em>bio<\/em>graphie personnelle et bio<em>graphie<\/em> intellectuelle, dans le souci d\u2019appr\u00e9cier l\u2019efficace du contexte psycho-\u00e9thique (\u00e9v\u00e9nements familiaux, maladies, etc.) et\/ou socio-historique (appartenance sociale, d\u00e9clenchement d\u2019une guerre, etc.) sur la production de l\u2019\u0153uvre et parfois, r\u00e9ciproquement, l\u2019efficace psychologique ou historique de l\u2019\u0153uvre. Ce contexte peut, enfin, \u00eatre le contexte historique, soit de l\u2019histoire d\u2019un champ textuel (histoire du roman, histoire de la philosophie, etc.), soit de l\u2019histoire des id\u00e9es (le mat\u00e9rialisme antique, le rationalisme de la pens\u00e9es des Lumi\u00e8res, etc.), soit de l\u2019histoire proprement dite d\u2019un processus ou \u00e9v\u00e9nement historique (non plus l\u2019efficace de la R\u00e9volution fran\u00e7aise dans le contexte de l\u2019\u0153uvre de Kant, mais l\u2019\u0153uvre de Kant ou plut\u00f4t de Hegel et Marx dans le contexte historique de l\u2019\u00e9poque post-r\u00e9volutionnaire). Au fur et \u00e0 mesure de cet \u00e9largissement du contexte, l\u2019int\u00e9r\u00eat interpr\u00e9tatif se d\u00e9tache progressivement du souci d\u2019identifier le sens pour se focaliser sur le ph\u00e9nom\u00e8ne analys\u00e9. Pour accomplir cette analyse, il faut d\u00e9sormais <em>interpr\u00e9ter<\/em> le sens, c\u2019est-\u00e0-dire lui conf\u00e9rer une certaine signification dans le contexte \u00e9tudi\u00e9. Pr\u00e9supposant toujours une identification du sens, la lecture symptomale risque constamment d\u2019identifier le sens \u00e0 la convenance de la signification supput\u00e9e&nbsp;: c\u2019est-\u00e0-dire \u00e0 contre-sens.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019interpr\u00e9tation de texte n\u2019est donc pas plus une fin en soi que la r\u00e9flexion m\u00e9thodologique sur les proc\u00e9d\u00e9s probl\u00e9matiques de l\u2019herm\u00e9neutique textuelle. Lorsque l\u2019herm\u00e9neutique critique travaille \u00e0 identifier le sens d\u2019un texte et la probl\u00e9maticit\u00e9 d\u2019une argumentation, elle ne perd pas de vue la chose. Le sens de la chose n\u2019est pas perdu, puisque comprendre un texte, c\u2019est comprendre le <em>sens<\/em> des choses dites. C\u2019est donc d\u00e9j\u00e0 \u00eatre en contact avec les choses. Comme Heidegger l\u2019explique \u00e0 maintes reprises \u00e0 la suite de Husserl, l\u2019\u00e9nonc\u00e9 ne doit pas \u00eatre abstraitement s\u00e9par\u00e9 de la chose \u00e9nonc\u00e9e. Car l\u2019\u00e9nonc\u00e9 est toujours \u00e9nonc\u00e9 de la chose. Reste qu\u2019\u00e0 l\u2019encontre de ce que Heidegger avance, il convient d\u2019affirmer que le rapport \u00e0 la chose est de l\u2019ordre d\u2019une interpr\u00e9tation, et non d&#8217;une explicitation.  <\/p>\n\n\n\n<!--nextpage-->\n\n\n\n<h6 class=\"has-text-align-center wp-block-heading\"><span class=\"has-inline-color has-bright-red-color\">ph\u00e9nom\u00e9nologie comme interpr\u00e9tation des choses<\/span><\/h6>\n\n\n\n<p><em>Heidegger et le probl\u00e8me de l\u2019interpr\u00e9tation<\/em> constitue le premier volet d\u2019une trilogie, qui introduisait \u00e0 la d\u00e9monstration men\u00e9e dans les deux autres. Dans <em>Heidegger et le probl\u00e8me de Kant<\/em>, l\u2019herm\u00e9neutique textuelle de Heidegger \u00e9tait investie en acte \u00e0 partir de l\u2019exemple paradigmatique de l\u2019interpr\u00e9tation heideggerienne de Kant. Cette \u00e9tude \u00e9tait le pr\u00e9alable incontournable pour pouvoir penser l\u2019aporie de la th\u00e9orie herm\u00e9neutique de Heidegger et, dans le m\u00eame mouvement, l\u2019aporie objectiviste de sa ph\u00e9nom\u00e9nologie. Montrer que l\u2019herm\u00e9neutique textuelle de Heidegger est en tension, voire en contradiction avec sa ph\u00e9nom\u00e9nologie herm\u00e9neutique, \u00e9tait l&#8217;objectif d&#8217;un troisi\u00e8me livre, annonc\u00e9 sous l&#8217;intitul\u00e9 <em>La quadrature du cercle heidegg\u00e9rien<\/em>, qui n&#8217;a pas \u00e9t\u00e9 r\u00e9dig\u00e9, mais dont la th\u00e8se engage une r\u00e9flexion critique sur la ph\u00e9nom\u00e9nologie: Heidegger a cru pouvoir fonder et dissimuler son interpr\u00e9tation d\u00e9cisionniste des textes philosophiques par une interpr\u00e9tation ph\u00e9nom\u00e9nologique des choses qui rec\u00e8le en fait une pr\u00e9tention objectiviste inavou\u00e9e. En vue de d\u00e9construire le cercle herm\u00e9neutique de la ph\u00e9nom\u00e9nologie, il s&#8217;agissait, dans cet ouvrage, de montrer que Heidegger, puis le cercle heidegg\u00e9rien, se sont enferm\u00e9s dans le probl\u00e8me insoluble de la quadrature du cercle herm\u00e9neutique. <\/p>\n\n\n\n<p>Pour Heidegger, le cercle herm\u00e9neutique, c\u2019est en fait le cercle de l\u2019\u00e9poque de l\u2019\u00eatre. Car le cercle m\u00e9thodologique de la compr\u00e9hension subit une inflexion ontologique dans <em>Sein und Zeit<\/em>. Ce que le <em>Dasein<\/em> humain pr\u00e9suppose pour comprendre en g\u00e9n\u00e9ral (pour se comprendre, soi-m\u00eame et les autres existants humains; pour comprendre les choses qui sont, les \u00e9tants), c\u2019est un concept de l\u2019\u00eatre (<em>Sein<\/em>). Or, ce qui est d\u00e9cisif, c\u2019est que ce concept de l\u2019\u00eatre est donn\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00eatre humain selon une certaine guise h\u00e9rit\u00e9e de l\u2019\u00e9poque. Le concept de l\u2019\u00eatre dont nous partons, nous l\u2019h\u00e9ritons de l\u2019\u00e9poque dans laquelle nous vivons&nbsp;: cette \u00e9poque m\u00e9taphysique (de l\u2019histoire de l\u2019\u00eatre) fait que nous concevons l\u2019\u00eatre que nous sommes et le monde dans lequel nous vivons \u00e0 partir du mode d\u2019\u00eatre propre aux choses de la nature, celui d\u2019\u00e9tants subsistants dispos\u00e9s \u00e0 l\u2019exploitation technique; extrapolation fatale qui nous emp\u00eache de comprendre notre mode d\u2019\u00eatre sp\u00e9cifique, l\u2019ek-sistence c\u2019est-\u00e0-dire l\u2019incessante sortie hors de soi d\u2019un soi qui, d\u00e9substantialis\u00e9, ne peut jamais s\u2019assurer de soi comme d\u2019une chose subsistante qu\u2019il poss\u00e8derait. Autant dire que nous serions comme prisonniers de l\u2019\u00e9poque dans laquelle nous vivons. Le cercle de l\u2019\u00e9poque semblerait se refermer sur nous comme l\u2019in\u00e9vitable pr\u00e9alable que pr\u00e9suppose la compr\u00e9hension de l\u2019\u00e9poque, de l\u2019\u00eatre, du monde ou simplement d\u2019un texte&nbsp;: si nous avons tant de mal \u00e0 lire les textes grecs et, en particulier, les fragments pr\u00e9socratiques, cela proviendrait du fait que la conception moderne de l\u2019\u00eatre contraste et exclut m\u00eame celle que Heidegger croit d\u00e9celer chez les Grecs.<\/p>\n\n\n\n<p>Il s\u2019agissait de montrer que le cercle herm\u00e9neutique s\u2019av\u00e8re \u00eatre herm\u00e9tique dans le double sens o\u00f9 il semble th\u00e9oriquement imprenable autant qu&#8217;imperm\u00e9able, et o\u00f9, min\u00e9 par la contradiction de l\u2019\u00e9mergence d\u2019une pens\u00e9e qui \u00e9chappe au cercle de l\u2019\u00e9poque, il est \u00e0 proprement parler incompr\u00e9hensible. Car le cercle de l\u2019\u00e9poque pourrait bien n\u2019\u00eatre pas aussi herm\u00e9tique qu\u2019il y para\u00eet. Le pr\u00e9alable de l\u2019\u00e9poque de la Technique n\u2019a pas emp\u00each\u00e9 Heidegger d\u2019articuler une pens\u00e9e <em>autre<\/em>, la pens\u00e9e d\u2019une autre \u00e9poque, que la pens\u00e9e de Heidegger annoncerait comme un nouveau commencement effectu\u00e9 sur la base de la lecture du commencement pr\u00e9socratique d\u2019une pens\u00e9e qui n\u2019aurait pas encore sombr\u00e9 dans la m\u00e9taphysique. Serait-il donc possible de sortir du cercle herm\u00e9neutique? D\u00e8s <em>Sein und Zeit<\/em>, Heidegger r\u00e9cuse le motif d\u2019une sortie hors du cercle herm\u00e9neutique au profit de l\u2019image inverse&nbsp;: celle d\u2019une rentr\u00e9e dans le cercle herm\u00e9neutique (\u00a732) par une sorte de saut en profondeur en arri\u00e8re de la m\u00e9taphysique. C\u2019est qu\u2019il lui faut d\u00e9gager la possibilit\u00e9 m\u00eame de son propre discours, c\u2019est-\u00e0-dire d\u2019une conception de l\u2019\u00eatre qui ne soit pas enferm\u00e9e dans le cercle de la m\u00e9taphysique&nbsp;: c\u2019est ainsi que <em>Sein und Zeit<\/em> d\u00e9gage la possibilit\u00e9 pour le <em>Dasein<\/em> d\u2019une existence libre qui, dans le souci authentique de soi, se donnerait \u00e0 soi-m\u00eame son propre temps et \u00e9chapperait de la sorte \u00e0 la compr\u00e9hension et \u00e0 l\u2019action inauthentiques du quotidien. Cette possibilit\u00e9, c\u2019est celle, fondatrice du projet ph\u00e9nom\u00e9nologique, d\u2019une fondation du pr\u00e9alable dans les choses elles-m\u00eames. D\u00e9gager cette possibilit\u00e9, n\u2019est-ce pas reconna\u00eetre que le pr\u00e9alable interpr\u00e9tatif n\u2019est que provisoire et qu\u2019il peut \u00eatre d\u00e9construit au contact des choses elles-m\u00eames? N\u2019est-ce pas reconna\u00eetre avec Schleiermacher que le cercle herm\u00e9neutique peut \u00eatre surmont\u00e9 (<em>\u00fcberwindbar<\/em>)?<\/p>\n\n\n\n<p>Cette tension manifeste, qui confine \u00e0 la contradiction, m\u00e9rite qu\u2019on s\u2019y attarde tant il est vrai qu\u2019elle est au centre de l\u2019\u00e9poque post-moderne (<em>cf. <\/em>C. Ferri\u00e9, 1999, chapitre I, p.34-48 &amp; p.62). D\u2019une part, <em>en th\u00e9orie<\/em>, Heidegger d\u00e9clare le cercle herm\u00e9neutique in\u00e9vitable, tout en reconnaissant, \u00e0 la fois pour le d\u00e9marquer du cercle vicieux et pour d\u00e9gager la possibilit\u00e9 de sa propre pens\u00e9e, qu\u2019il est possible de conformer le pr\u00e9alable aux choses m\u00eames, et ce \u00e0 la faveur d\u2019une rentr\u00e9e dans le cercle herm\u00e9neutique qui s\u2019av\u00e8re \u00eatre une figure risqu\u00e9e de la pens\u00e9e. D\u2019autre part, \u00e0 l\u2019occasion de sa pratique d\u2019interpr\u00e9tation des textes, Heidegger se reconna\u00eet la possibilit\u00e9 d\u2019interpr\u00e9ter justement les textes, c\u2019est-\u00e0-dire de se conformer aux choses qu\u2019ils disent, tout en reconnaissant la violence que ses interpr\u00e9tations commettent \u00e0 l\u2019endroit de la lettre des textes interpr\u00e9t\u00e9s. Tirons une conclusion, critique&nbsp;: si Heidegger d\u00e9forme violemment la pens\u00e9e de Kant comme des autres philosophes (<em>cf. <\/em>C. Ferri\u00e9, 1999, chapitre II), ce n\u2019est pas parce qu\u2019il serait, comme tout le monde, soumis \u00e0 la loi d\u2019airain du cercle herm\u00e9neutique; bien au contraire, le cercle herm\u00e9neutique est une construction th\u00e9orique qui entend justifier l\u2019encerclement, en fait contingent et non pas n\u00e9cessaire, du discours de l\u2019autre par une pens\u00e9e repli\u00e9e sur elle-m\u00eame, dans le cercle restreint qu\u2019elle aimerait \u00e9tendre et imposer aux autres comme cercle de l\u2019univers. Le cercle du M\u00eame n\u2019est rien d\u2019autre que la logique de l\u2019identification du macrocosme universel de l\u2019\u00e9poque au microcosme de la vision (heideggerienne) de l\u2019\u00e9poque&nbsp;: identification qui s\u2019op\u00e8re \u00e0 la faveur d\u2019une con-fusion qui s\u2019assimile l\u2019alt\u00e9rit\u00e9 en la d\u00e9s-int\u00e9grant. Le projet, laiss\u00e9 en chantier, \u00e9tait de montrer l\u2019articulation du d\u00e9cisionnisme herm\u00e9neutique et de la ph\u00e9nom\u00e9nologie heideggerienne en analysant la circularit\u00e9 interpr\u00e9tative que manifeste le diagnostic que Heidegger propose de son \u00e9poque (et, en particulier, de l\u2019Universit\u00e9 allemande). <\/p>\n\n\n\n<p>En contrepoint de la critique de Heidegger, il s\u2019agissait de montrer comment le cercle heideggerien s\u2019est enferr\u00e9 dans la quadrature du cercle trac\u00e9 par Heidegger en soutenant une th\u00e8se, critique, \u00e0 propos de la ph\u00e9nom\u00e9nologie et de son devenir, \u00e0 savoir que la conception de la v\u00e9rit\u00e9 comme reconnaissance intuitive de l&#8217;\u00e9vidence (<em>Einsicht<\/em>) est \u00e0 la racine de l\u2019aporie de la ph\u00e9nom\u00e9nologie. C&#8217;est ce qu&#8217;entend montrer un essai d\u2019interpr\u00e9tation de <em>L\u2019\u00eatre et le n\u00e9ant <\/em>de Jean-Paul Sartre, intitul\u00e9 &#8220;Le mythe ph\u00e9nom\u00e9nologique de la description pure&#8221; (1999).<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\"><p>Le mythe ph\u00e9nom\u00e9nologique de la description pure (1999)<\/p><cite>publication \u00e0 venir.\u00a9, Christian Ferri\u00e9, cf\u00e9ditions, 2021<\/cite><\/blockquote>\n\n\n\n<p><em><span style=\"color:#001ccc\" class=\"has-inline-color\">Lorsque Sartre pr\u00e9tend fournir une description pure de l\u2019essence symbolique des choses, il d\u00e9nie en fait que l\u2019explicitation ph\u00e9nom\u00e9nologique soit une interpr\u00e9tation probl\u00e9matique. D\u00e9n\u00e9gation qui, en autorisant la disqualification dogmatique des autres interpr\u00e9tations au nom de <strong>la<\/strong> v\u00e9rit\u00e9 ph\u00e9nom\u00e9nologique, revient \u00e0 miner le dialogue critique en philosophie.<\/span><\/em><\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 partir de l\u2019analyse que Sartre propose du visqueux \u00e0 la fin de <em>L\u2019\u00eatre et le n\u00e9ant<\/em> (1943), l&#8217;essai montre que la description sartrienne de la symbolique universelle des choses est profond\u00e9ment <em>marqu\u00e9e<\/em> par la position engag\u00e9e de Sartre dans la situation qui lui est donn\u00e9e. Comment la description ph\u00e9nom\u00e9nologique, produit d\u2019un Pour-\u00adsoi singulier, pourrait-elle en effet \u00e9chapper elle-m\u00eame \u00e0 la loi de la finitude et de l\u2019engagement du Pour\u00ad-soi ?<\/p>\n\n\n\n<p>Autant dire que la description ph\u00e9nom\u00e9nologique des choses est toujours habit\u00e9e par une perspective interpr\u00e9tative qui en ab\u00eeme la pr\u00e9tention objectiviste. Par cons\u00e9quent, il conviendrait de se d\u00e9faire du mythe de l\u2019objectivisme neutre et d\u00e9sint\u00e9ress\u00e9 de la description pour reconna\u00eetre la dimension interpr\u00e9tative de toute analyse. La seule mani\u00e8re d\u2019\u00e9viter les faux d\u00e9bats, c\u2019est de reconna\u00eetre qu\u2019en mati\u00e8re ph\u00e9nom\u00e9nologique, il n\u2019y a jamais d\u2019<em>explicitation <\/em>pure et simple et que la description est toujours une interpr\u00e9tation, probl\u00e9matique.<\/p>\n\n\n\n<p>Le d\u00e9bat sur l\u2019interpr\u00e9tation des choses, par exemple entre Heidegger et Sartre, gagnerait de ce fait \u00e0 ne pas se laisser \u00e9garer par des pr\u00e9tendus malentendus dans l\u2019interpr\u00e9tation des textes. L\u2019essai entend relancer le d\u00e9bat en r\u00e9tablissant de quelle mani\u00e8re <em>L\u2019\u00eatre et le n\u00e9ant<\/em>, loin de sombrer dans une description existentielle, psychologique et anthropologique de la r\u00e9alit\u00e9 humaine, est, comme son sous-titre l\u2019indique, un essai d\u2019ontologie ph\u00e9nom\u00e9nologique qui s\u2019inscrit dans la perspective de l\u2019analytique existentiale du <em>Dasein<\/em> engag\u00e9e par Heidegger. De ce fait, la critique heideggerienne de l\u2019analyse sartrienne pourrait bien plut\u00f4t r\u00e9pondre \u00e0 une strat\u00e9gie de d\u00e9marcation, qui repose sur la pr\u00e9supposition ou saisie pr\u00e9alable (<em>Vorgriff<\/em>) de la v\u00e9rit\u00e9. Heidegger partagerait ainsi avec Sartre ce trait emprunt\u00e9 \u00e0 Husserl. La disqualification dogmatique et normative de l\u2019interpr\u00e9tation <em>autre<\/em> s\u2019enracine en effet dans le postulat objectiviste d\u2019un rapport objectif \u00e0 la Chose (<em>Sache<\/em>), que la m\u00e9thode ph\u00e9nom\u00e9nologique permettrait d&#8217;assurer de mani\u00e8re apodictique. C\u2019est dire que l\u2019objectivisme larv\u00e9 de la ph\u00e9nom\u00e9nologie serait hant\u00e9 par le d\u00e9cisionnisme que le ph\u00e9nom\u00e9nologue entend dissimuler en travestissant l\u2019interpr\u00e9tation comme explicitation, c\u2019est-\u00e0-dire en d\u00e9niant la probl\u00e9maticit\u00e9 de ce qui ne peut pr\u00e9tendre \u00eatre qu\u2019<em>une<\/em> interpr\u00e9tation parmi d\u2019autres.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019essai sur <em>L\u2019\u00eatre et le n\u00e9ant <\/em>de Jean-Paul Sartre constitue une premi\u00e8re avanc\u00e9e dans le projet de passer d\u2019une r\u00e9flexion sur <em>La quadrature du cercle heidegg\u00e9rien<\/em> \u00e0 une critique de l\u2019aporie de la m\u00e9thode ph\u00e9nom\u00e9nologique. Toutefois, ce programme de recherche a \u00e9t\u00e9 suspendu pour des raisons de fond comme de circonstances. Tout d\u2019abord, la critique de la discipline ph\u00e9nom\u00e9nologique s\u2019est av\u00e9r\u00e9e \u00eatre d\u00e9j\u00e0 bien entam\u00e9e, depuis <em>La voix et le ph\u00e9nom\u00e8ne<\/em> (1967) de Jacques Derrida jusqu\u2019aux essais de Dominique Janicaud (1991 <em>vs <\/em>1998) en passant, entre autres, par la critique s\u00e9miotique de Karl Otto Apel (1985) : dans <em>Heidegger et le probl\u00e8me de l\u2019interpr\u00e9tation<\/em>, je m&#8217;\u00e9tais  moi-m\u00eame appuy\u00e9 par provision sur Derrida pour critiquer l\u2019objectivisme larv\u00e9 de la ph\u00e9nom\u00e9nologie husserlienne (<em>cf. <\/em>C. Ferri\u00e9, 1999, p.40-41). Ensuite, ce qui l&#8217;a surtout emport\u00e9, c&#8217;est le souci d\u2019aller droit au but en interrogeant l\u2019approche ph\u00e9nom\u00e9nologique \u00e0 partir de la r\u00e9flexion sur le diagnostic d\u2019\u00e9poque, plut\u00f4t que d\u2019en pr\u00e9parer l\u2019acc\u00e8s par une critique de la raison ph\u00e9nom\u00e9nologique. Le second cycle de mes travaux a donc port\u00e9 directement sur le diagnostic d\u2019\u00e9poque pour ne rencontrer la ph\u00e9nom\u00e9nologie, parmi d\u2019autres approches, qu\u2019embusqu\u00e9e au d\u00e9tour de ce chemin inexplor\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<!--nextpage-->\n\n\n\n<h6 class=\"has-text-align-center wp-block-heading\"><span class=\"has-inline-color has-bright-red-color\">diagnostic d&#8217;\u00e9poque comme discipline<\/span><\/h6>\n\n\n\n<p>Il s&#8217;agit d&#8217;interroger la cat\u00e9gorie d\u2019interpr\u00e9tation \u00e0 travers l\u2019analyse du ph\u00e9nom\u00e8ne du diagnostic de l\u2019\u00e9poque. C\u2019est un fait sur lequel il convient de r\u00e9fl\u00e9chir&nbsp;: un diagnostic est \u00e9mis \u00e0 partir d\u2019\u00e9v\u00e9nements qui sont interpr\u00e9t\u00e9s comme des signes du temps. Le diagnostic kantien de l\u2019<em>Aufkl\u00e4rung<\/em>, sur lequel Foucault est revenu, peut \u00eatre pris comme paradigme de l\u2019analyse&nbsp;: la question est pos\u00e9e de savoir pourquoi le jugement de l\u2019\u00e9poque en cours prend la figure d\u2019un <em>diagnostic<\/em> des signes marquant du temps pr\u00e9sent. Car, par contraste avec le diagnostic m\u00e9dical qui repose sur des sympt\u00f4mes r\u00e9currents, l\u2019histoire ne se r\u00e9p\u00e8te pas&nbsp;: l\u2019id\u00e9e m\u00eame d\u2019un diagnostic de l\u2019\u00e9poque semblant vaine, il convient d\u2019engager une r\u00e9flexion critique sur cette discipline de la pens\u00e9e. <\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\"><p>Le diagnostic d\u2019\u00e9poque comme discipline de la pens\u00e9e politique<\/p><cite>publication \u00e0 venir.\u00a9, Christian Ferri\u00e9, cf\u00e9ditions, 2020<\/cite><\/blockquote>\n\n\n\n<p><em>Partant du motif nietzsch\u00e9en du diagnostic des sympt\u00f4mes du temps, l&#8217;essai s\u2019interroge sur le sens qu\u2019il y a \u00e0 penser le jugement comme diagnostic. Le diagnostic de l\u2019\u00e9poque des Lumi\u00e8res et de la R\u00e9volution par Kant sert de paradigme critique pour analyser la crise d\u2019un diagnostic d\u2019\u00e9poque fond\u00e9 sur le sens intuitif des \u00e9v\u00e9nements (Lyotard). La r\u00e9flexion sur la discipline du jugement historico-politique de l\u2019\u00e9poque est finalement reconnue comme t\u00e2che de la pens\u00e9e politique.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>L&#8217;alternative qu&#8217;il convient d&#8217;opposer \u00e0 l&#8217;approche intuitive des signes du temps que seraient les \u00e9v\u00e9nements prend la figure d&#8217;une <em>th\u00e9orie critique de l&#8217;\u00e9poque<\/em>, qui analyse les processus en cours \u00e0 partir de la confrontation entre les donn\u00e9es empiriques et les paradigmes utilis\u00e9s pour construire leur interpr\u00e9tation (par exemple, le mod\u00e8le du d\u00e9veloppement pour l&#8217;\u00e9volutionnisme). Tout diagnostic d&#8217;\u00e9poque impliquant des analyses relevant des sciences sociales (\u00e9conomie, sociologie, ethnologie, psychanalyse), l&#8217;\u00e9laboration conjointe d&#8217;une th\u00e9orie critique de la soci\u00e9t\u00e9 et des processus historiques en jeu pr\u00e9suppose d&#8217;engager une r\u00e9flexion critique sur la m\u00e9thodologie employ\u00e9e pour interpr\u00e9ter les ph\u00e9nom\u00e8nes estim\u00e9s caract\u00e9ristiques de l&#8217;\u00e9poque en question. <\/p>\n\n\n\n<p>Or toutes les sciences historiques ou sociales se fondent sur une discipline m\u00e9thodologique qui r\u00e9gule l\u2019interpr\u00e9tation de la signification des ph\u00e9nom\u00e8nes \u00e9tudi\u00e9s dans un contexte d\u00e9termin\u00e9. C\u2019est le cas de la sociologie comme de l\u2019ethnologie, de la psychanalyse (des sympt\u00f4mes inconscients) comme de la ph\u00e9nom\u00e9nologie (de la conscience). Ces r\u00e8gles peuvent \u00eatre d\u00e9gag\u00e9es au pr\u00e9alable en introduction, comme dans <em>\u00c9conomie et soci\u00e9t\u00e9 <\/em>de Max Weber, ou faire l\u2019objet d\u2019un trait\u00e9 \u00e0 part, comme dans<em> Les r\u00e8gles de la m\u00e9thode sociologique<\/em> de Durkheim. Elles peuvent \u00e9galement se d\u00e9gager d\u2019une interpr\u00e9tation comme sa m\u00e9thodologie en acte, c\u2019est le cas dans<em> Les structures \u00e9l\u00e9mentaires de la parent\u00e9<\/em> de L\u00e9vi-Strauss, ou bien se voir illustr\u00e9es par un exemple, comme la lecture de Flaubert dans<em> Les r\u00e8gles de l\u2019art<\/em> de Bourdieu. Diversifi\u00e9es selon le domaine \u00e9tudi\u00e9, ces r\u00e8gles probl\u00e9matiques sont soumises \u00e0 la discussion dans le contexte de chaque discipline, tout comme dans le contexte interdisciplinaire d\u2019une th\u00e9orie g\u00e9n\u00e9rale, qui se risquerait d&#8217;ailleurs \u00e0 probl\u00e9matiser le d\u00e9coupage traditionnel des disciplines. La r\u00e9flexion critique sur la m\u00e9thodologie des sciences sociales, en ce sens, fait partie int\u00e9grante de la production du diagnostic d&#8217;\u00e9poque  comme <em>discipline <\/em>de pens\u00e9e. Quelle place a la philosophie dans cette th\u00e9orie critique de la science ? La philosophie n\u2019aurait-elle pour t\u00e2che que de formuler une telle th\u00e9orie g\u00e9n\u00e9rale de l\u2019interpr\u00e9tation, en contrepoint de la pratique th\u00e9orique des disciplines empiriques dans lesquelles elle puise la mati\u00e8re positive d&#8217;une th\u00e9orie critique de la soci\u00e9t\u00e9 ? <\/p>\n\n\n\n<p>Interpr\u00e9ter le ph\u00e9nom\u00e8ne de l\u2019interpr\u00e9tation est une t\u00e2che proprement philosophique qui incombe \u00e0 l&#8217;herm\u00e9neutique critique. C&#8217;est ce qui ressort de la r\u00e9flexion sur l&#8217;ex\u00e9g\u00e8se textuelle et sur la ph\u00e9nom\u00e9nologie : en contrepoint de l&#8217;\u00e9motion, qui la met en branle, l&#8217;interpr\u00e9tation comme donation de signification aux ph\u00e9nom\u00e8nes est la structure fondamentale du rapport de l\u2019\u00eatre humain \u00e0 l\u2019\u00eatre, \u00e0 l\u2019\u00eatre qu\u2019il est comme \u00e0 l\u2019\u00eatre des autres, \u00e0 l&#8217;\u00eatre au sein de la nature et \u00e0 l&#8217;\u00eatre de la nature. Mais la th\u00e9orie critique de l&#8217;\u00e9poque, qu&#8217;il s&#8217;agit d&#8217;\u00e9laborer en contrepoint de la th\u00e9orie critique de la soci\u00e9t\u00e9, ne peut \u00eatre d\u00e9duite de cette r\u00e9flexion abstraite. Dans la lign\u00e9e de la r\u00e9flexion de Habermas sur la <em>Logique des sciences sociales<\/em> (1970) qui poursuit l\u2019essai en ce sens d\u2019Adorno (1961), il faut, \u00e0 cet \u00e9gard, repenser la relation critique entre philosophie politique et sciences sociales, et ce dans le souci d\u2019interroger la production m\u00eame du diagnostic d\u2019\u00e9poque. <\/p>\n\n\n\n<p>Il se pourrait, telle est l\u2019hypoth\u00e8se, que la philosophie, politique finalement, ait pour t\u00e2che de penser le temps pr\u00e9sent afin d\u2019en faire le diagnostic. La philosophie aurait \u00e0 charge d\u2019interpr\u00e9ter l\u2019\u00eatre au monde de l\u2019\u00eatre humain dans son \u00e9poque. Analysant les signes de l\u2019\u00e9poque, la philosophie se chargerait d\u2019interpr\u00e9ter (<em>deuten<\/em>) l\u2019\u00eatre humain dans un monde configur\u00e9 par l\u2019\u00e9poque. L\u2019\u00e9poque d\u00e9finirait le contexte historique \u00e0 partir duquel pourrait justement s\u2019interpr\u00e9ter les rapports que l\u2019\u00eatre humain (\u00e0 l\u2019\u00eatre) entretient avec sa propre identit\u00e9 comme avec l\u2019alt\u00e9rit\u00e9, avec sa propre culture et soci\u00e9t\u00e9 comme avec celles des autres, et avec l\u2019alt\u00e9rit\u00e9 de la nature, comme milieu de vie qui supporte le monde socio-culturel de l\u2019\u00eatre humain.<\/p>\n\n\n\n<p>Le d\u00e9gagement de la norme au fondement de la discipline du diagnostic de l\u2019\u00e9poque ressortirait de la discussion dialectique des positions adopt\u00e9es pendant l\u2019histoire de la pens\u00e9e politique. La g\u00e9n\u00e9alogie de la pens\u00e9e de l\u2019\u00e9poque moderne \u2013&nbsp;il s\u2019agit de la reconstituer dans ses diverses ramifications et ses rhizomes divergents, et non de la pr\u00e9senter \u00e0 travers une homog\u00e9n\u00e9it\u00e9 fictive&nbsp;\u2013 constitue ainsi une m\u00e9thode de r\u00e9flexion afin d\u2019aborder l\u2019\u00e9poque&nbsp;: ce qui permet d\u2019\u00e9laborer de mani\u00e8re critique une discipline m\u00e9thodologique de son diagnostic. En tant que discipline au fondement du diagnostic d\u2019\u00e9poque, la philosophie (politique) aurait pour objet la d\u00e9finition de la norme pr\u00e9suppos\u00e9e par l&#8217;interpr\u00e9tation de l&#8217;\u00eatre au monde qu&#8217;implique tout diagnostic d\u2019\u00e9poque, \u00e0 savoir&nbsp;: l\u2019\u00e9lucidation de l\u2019essence de l\u2019\u00eatre-ensemble des humains dans le contexte d\u2019une association<em> <\/em>soumise \u00e0 l\u2019histoire, locale, r\u00e9gionale et\/ou mondiale, c\u2019est-\u00e0-dire prise dans une \u00e9poque. Telle esquisse que je risque \u00e0 titre d\u2019hypoth\u00e8se&nbsp;: les groupes humains sont constitu\u00e9s d\u2019hommes et de femmes qui, comme tous les animaux, vivent dans et de la nature et, sp\u00e9cifiquement, mettent en place des institutions qui r\u00e8glent les relations conflictuelles entre sexes, entre groupes sociaux (familles, clans, tribus&#8230; castes, classes, etc.) et entre individus au sein du groupe, en d\u00e9finissant des hi\u00e9rarchies qui r\u00e9partissent le travail et la richesse produite \u00e0 partir des ressources naturelles. De cette caract\u00e9risation ressortent les diff\u00e9rents traits structurels de toute \u00e9poque et, donc, de ce que devrait comprendre tout diagnostic d\u2019\u00e9poque (de sorte qu\u2019une absence serait symptomatique)&nbsp;:<\/p>\n\n\n<ol>\n<li style=\"list-style-type: none;\">\n<ol>\n<li style=\"list-style-type: none;\">\n<ol>\n<li>rapport de l\u2019\u00eatre humain \u00e0 l\u2019\u00eatre comme nature ainsi qu\u2019\u00e0 sa propre naturalit\u00e9 (comme corps, sexu\u00e9), en corr\u00e9lation avec le rapport de la soci\u00e9t\u00e9 humaine \u00e0 la nature comme milieu de vie ;<\/li>\n<li>rapport de l\u2019\u00eatre humain \u00e0 l\u2019identit\u00e9 (de soi-m\u00eame et de l\u2019autre), fantasm\u00e9e comme naturelle ou reconnue comme culturelle&nbsp;: rapport socialis\u00e9 de l\u2019\u00eatre humain \u00e0 l\u2019autre sexe, rapport de l\u2019\u00eatre humain \u00e0 son groupe humain en fonction du type d&#8217;association en vigueur (clan, peuple, etc.), rapport aux autres groupes ;<\/li>\n<li>rapport de l\u2019\u00eatre humain \u00e0 l\u2019\u00e9conomie institutionnalis\u00e9e de la soci\u00e9t\u00e9 (chefferie\u2026 \u00c9tat, Empire, etc.).<\/li>\n<\/ol>\n<\/li>\n<\/ol>\n<\/li>\n<\/ol>\n\n\n<p>Ces trois d\u00e9terminations sont des moments analytiques de l\u2019\u00eatre humain \u00e0 l&#8217;\u00eatre d&#8217;un monde institu\u00e9 au sein de la nature. Par cons\u00e9quent, ils se d\u00e9terminent mutuellement, sans pour autant que l\u2019articulation des diff\u00e9rents moments ne signifie &#8211; ce n&#8217;en est qu&#8217;une option &#8211; leur confusion mythologique, du fait du fantasme de l\u2019identit\u00e9 entre nature et culture. Soit l&#8217;esquisse abstraite de trois d\u00e9terminations r\u00e9ciproques (a-c) entre les moments discern\u00e9s par l&#8217;analyse (1-3) :<\/p>\n\n\n<p style=\"padding-left: 40px;\">a. <br>L\u2019identit\u00e9 humaine (2) se d\u00e9termine selon un double rapport, \u00e0 la nature (1) et \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 (3) : en se comprenant au sein de la nature ou en se diff\u00e9renciant de la nature comme culturelle (1) ; en se constituant \u00e0 m\u00eame la diff\u00e9renciation sociale (ou nationale), dont l&#8217;\u00e9conomie interne structure la soci\u00e9t\u00e9 en clans, classes, etc., pendant que son \u00e9conomie externe configure le rapport, politique ou pol\u00e9mique, aux autres groupes (clans, tribus, ethnies, nations, soci\u00e9t\u00e9s), selon l&#8217;articulation dialectique de l\u2019externe et de l\u2019interne.<br data-rich-text-line-break=\"true\">b. <br>L\u2019\u00e9conomie g\u00e9n\u00e9rale d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 (3) ne d\u00e9termine pas seulement (2) l\u2019identit\u00e9 de l\u2019\u00eatre humain en structurant son int\u00e9gration sociale, elle d\u00e9termine \u00e9galement (1) le type de rapport \u00e9conomique de la culture \u00e0 la nature (pr\u00e9l\u00e8vement ou exploitation), en fonction de la conception de la nature et de l&#8217;\u00e9volution des techniques qui en ressort.<br data-rich-text-line-break=\"true\">c. <br>La nature (1) d\u00e9limite les possibilit\u00e9s de production sociale de richesses (3) en m\u00eame temps qu\u2019elle configure le rapport (crainte respectueuse, gratitude, m\u00e9pris, adversit\u00e9, etc.) de l\u2019\u00eatre humain \u00e0 la nature, notamment en raison de la perception comme hostile, effrayante ou, au contraire, prolifique et accueillante, des conditions de vie qu&#8217;elle offre aux groupes humains (par exemple, d\u00e9serts arides, vall\u00e9es fluviales fertiles, etc.).<\/p>\n\n\n<p>Or ce triple rapport de l\u2019\u00eatre humain \u00e0 la nature, \u00e0 l\u2019identit\u00e9 culturelle et \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 s\u2019est historiquement constitu\u00e9 au cours du temps. \u00c9ventuellement sous la modalit\u00e9 du d\u00e9ni, l\u2019\u00eatre humain est n\u00e9cessairement en rapport avec le temps \u00e0 travers la dimension temporelle 1. de son rapport \u00e0 la nature, dont les processus interviennent dans le temps, 2. de son rapport \u00e0 l\u2019identit\u00e9 culturelle, qui s\u2019est constitu\u00e9e au cours d\u2019une histoire (\u00e0 raconter), et 3. de son rapport \u00e0 l\u2019\u00e9conomie de la soci\u00e9t\u00e9, qui structure le temps des relations sociales. La dimension du temps \u00e9tant pr\u00e9suppos\u00e9e par tous les autres rapports, le rapport de l\u2019\u00eatre humain au temps s\u2019av\u00e8re \u00eatre fondamental pour caract\u00e9riser l\u2019\u00e9poque, de sorte que le diagnostic d\u2019\u00e9poque interpr\u00e8te n\u00e9cessairement le rapport au temps en analysant les trois autres rapports&nbsp;:<\/p>\n\n\n<p style=\"padding-left: 40px;\">0. <br>rapport de l\u2019\u00eatre humain au temps (pass\u00e9, pr\u00e9sent et \u00e0 venir) comme \u00e0 la dimension temporelle de la constitution de la nature, de la soci\u00e9t\u00e9 comme de son identit\u00e9.<\/p>\n\n\n<p>\u00c0 l\u2019\u00e9poque actuelle du <em>diagnostic <\/em>d\u2019\u00e9poque, le rapport de l\u2019\u00eatre humain au temps se complique d\u2019un rapport \u00e0 l\u2019\u00e9poque qu\u2019il lui faut diagnostiquer. Ayant pour objet l\u2019\u00e9poque, le diagnostic d\u2019\u00e9poque ne peut qu\u2019\u00eatre confront\u00e9 au rapport que l\u2019\u00eatre humain entretient avec sa propre \u00e9poque et avec les autres \u00e9poques comme \u00e0 un trait symptomatique de l\u2019\u00e9poque.<\/p>\n\n\n\n<p>Lui-m\u00eame pris dans l\u2019\u00e9poque, en crise, le diagnostic d\u2019\u00e9poque ne se contente pas de simplement relever les traits caract\u00e9ristiques de l\u2019\u00e9poque. Loin de simplement constater un <em>\u00e9tat<\/em> du temps, le diagnostic de l\u2019\u00e9poque, d\u2019ailleurs n\u00e9cessairement d\u00e9stabilis\u00e9 par le cours du temps, ne peut que s\u2019attacher \u00e0 pr\u00e9voir, par un pronostic, ce qui est en gestation. L\u2019effort dernier du diagnostic d\u2019\u00e9poque, ce serait de discerner, au sein de l\u2019\u00e9poque, ce qui fait mouvement, c\u2019est-\u00e0-dire ce qui d\u00e9stabilise les rapports h\u00e9rit\u00e9s de la tradition : en fin de compte, <em>le diagnostic d\u2019\u00e9poque serait pens\u00e9e du <strong>mouvement<\/strong> de l\u2019\u00e9poque<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator\"\/>\n\n\n\n<p>Le projet de r\u00e9flexion critique sur le diagnostic d\u2019\u00e9poque se d\u00e9ploie dans une double direction, m\u00e9thodologique et th\u00e9matique. Car la reconnaissance du diagnostic d\u2019\u00e9poque comme discipline de la philosophie politique \u2013&nbsp;il lui revient d\u2019en r\u00e9fl\u00e9chir la m\u00e9thodologie critique&nbsp;\u2013 requiert une \u00e9laboration th\u00e9orique qui ne peut que se nourrir de l\u2019interpr\u00e9tation th\u00e9matique et empirique de l\u2019\u00e9poque. Au niveau th\u00e9matique, l\u2019interpr\u00e9tation kantienne de la modernit\u00e9 comme <em>Aufkl\u00e4rung<\/em> constitue un objet d\u2019analyse d\u2019autant plus int\u00e9ressant qu\u2019il intervient de mani\u00e8re d\u00e9cisive dans l\u2019\u00e9laboration du diagnostic de l\u2019\u00e9poque \u00ab&nbsp;post-moderne&nbsp;\u00bb de la mondialisation. L&#8217;avanc\u00e9e th\u00e9matique du diagnostic de l&#8217;\u00e9poque actuelle s&#8217;appuie sur l&#8217;analyse empirique du <em>processus <\/em>en cours de la globalisation, \u00e0 un double niveau. Au niveau analytique de la th\u00e9orie critique de l&#8217;\u00e9poque, la question se pose de savoir pourquoi il faut concevoir la <em>mondialisation comme globalisation<\/em> et s&#8217;il faut supputer l&#8217;existence d&#8217;une nouvelle forme de totalitarisme, \u00e0 savoir : le <em>globalitarisme <\/em>comme figure terminale de la destin\u00e9e globalitaire de la globalisation. <\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\"><p>La destin\u00e9e globalitaire de la globalisation <em>(2003)<\/em><\/p><cite>publication \u00e0 venir.\u00a9, Christian Ferri\u00e9, cf\u00e9ditions, 2020<\/cite><\/blockquote>\n\n\n\n<p>Dans l&#8217;optique critique d&#8217;un diagnostic de l&#8217;\u00e9poque qui discerne normativement entre le <em>processus <\/em>de soumission en cours et un <em>mouvement <\/em>d&#8217;\u00e9mancipation de ce processus, la question qui se pose est la suivante : l&#8217;\u00e9poque est-elle effectivement en gestation d&#8217;un mouvement politique qui soit susceptible de contredire le sens m\u00eame du processus de globalisation&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\"><p>D&#8217;une irruption du politique contre le processus globalitaire <em>(2016)<\/em><\/p><cite>publication \u00e0 venir.\u00a9, Christian Ferri\u00e9, cf\u00e9ditions, 2020<\/cite><\/blockquote>\n\n\n\n<h5 class=\"has-text-align-center wp-block-heading\">Article publi\u00e9 en ce sens<\/h5>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;<a href=\"https:\/\/www.cairn.info\/revue-lignes-2017-1-page-43.htm\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Du processus globalitaire<\/a>&nbsp;\u00bb, <em>Lignes<\/em>, n\u00b0&nbsp;52,<em> Vouloir l\u2019impossible<\/em>, f\u00e9v.&nbsp;2017, p.&nbsp;43-54.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L\u2019interpr\u00e9tation en proc\u00e8s&nbsp;:de l\u2019ex\u00e9g\u00e8se des textes au diagnostic de l\u2019\u00e9poque Le projet, dans son unit\u00e9 et son sens, consiste \u00e0 intenter le proc\u00e8s de l\u2019interpr\u00e9tation en r\u00e9fl\u00e9chissant le processus interpr\u00e9tatif. &hellip; <a href=\"https:\/\/www.per-turbas.fr\/index.php\/hermeneutique\/\" class=\"more-link\">Continue reading<span class=\"screen-reader-text\"> &#8220;hermeneuia&#8221;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"parent":0,"menu_order":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","template":"","meta":{"footnotes":""},"class_list":["post-41","page","type-page","status-publish","hentry"],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v27.6 - 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